Accompagnement des processus collaboratifs et participatifs pour l’apprentissage, l’adaptation, l’innovation…

 

La gestion du développement durable est une entreprise complexe car impliquant des enjeux multiples et interconnectés, des acteurs divers aux pratiques et visions variées…et donc la production, le traitement et le partage de nombreuses données et connaissances hétérogènes.

Or la capacité à innover est aussi essentielle pour la gestion du développement durable. Elle requiert des processus associant systèmes d’informations (aspects technique, organisationnel et humain) favorisant l’apprentissage et renforcement des compétences de ses acteurs leur permettant de produire de l’information pertinente et par suite des innovations ( Coudel et Tonneau, 2010).

Notre approche est basée sur 3 les piliers suivants:

La co-construction des « capacités » : systèmes et communautés apprenant(e)s

Fondés sur la théorie de la gestion des connaissances, ces systèmes fonctionnent par boucles d’apprentissage: les informations deviennent des connaissances à mesure qu’elles sont intégrées et les connaissances deviennent des compétences à mesure qu’elles sont appropriées.

 

Pourquoi créer un processus d’apprentissage commun : afin de co-construire…

  • un référentiel-socle de connaissances communes et partagées,
  • une vision nouvelle: nouvelle perception des enjeux et des problèmes et donc de nouvelles façon de les résoudre.

 

Comment créer un tel processus d’apprentissage commun : en intégrant 1, 2, voire 3 boucles d’apprentissage

 

Schéma cycle information et connaissances

Schéma cycle information et connaissances**

Dans ce processus d’apprentissage, les acteurs sont engagés. Ils participent au choix des informations nécessaires à l’aboutissement du projet, à celui des compétences nécessaires à acquérir par le groupe, ils déterminent ainsi les enjeux.

 

 

 

Tableau dynamique des apprentissages et type d'informations

Tableau dynamique des apprentissages et type d’informations**

Il s’agit d’une démarche constructiviste qui s’adapte bien à la complexité car elle permet des « arrangements » et des adaptations tout au long du processus grâce à la participation des parties prenantes et à la réflexivité entre évaluation du projet et niveau de connaissances des acteurs. Elle favorise la responsabilisation et la motivation (empowerment) des acteurs.

 

Méthodes « agile »

Dans cet esprit, nous souhaitons mettre en œuvre les méthodes « agiles « dans nos projets de développement de systèmes d’informations géographiques, construction de bases de données, etc…
Ces méthodes impliquent au maximum le demandeur (client) et permettent une grande réactivité à ses demandes. Elles visent la satisfaction réelle du besoin du client et non les
termes d’un contrat de développement.
Agile (adaptatif) = itératif, incrémental. Une méthode agile est donc avant tout itérative sur la base d’un affinement du besoin mis en œuvre dans des fonctionnalités en cours de réalisation et même déjà réalisées. Une méthode agile est ensuite, éventuellement, incrémentale. Lorsque le projet, quel que soit le nombre de participants, dépasse en durée une dizaine de journées en moyenne, la production de ses fonctionnalités s’effectuent en plusieurs incréments.

 

Le méta-processus d’accompagnement au changement, à la transformation, à l’innovation: U

Formulé par Otto Scharmer* en 2007, le processus U, adapté pour co-créer une vision partagée, gérer des problèmes complexes, innover,  est fondée sur le « Presencing »: « Etat de présence intensifiée qui nous permet de modifier l’espace intérieur à partir duquel nous agissons. Lorsque ce changement se produit nous pouvons commencer à agir à partir d’un champ de possibilités futures que nous sentons vouloir émerger ».

Structure attentionIl existe des champs structurels d’attention différents qui déterminent des fonctionnement sociaux différents.

L’enjeu est de déplacer les modes d’attention: « passer de réponses réactionnelles, de solutions rapides soignant les symptômes (champs 1 et 2), à des réponses génératives s’adressant à la racine des questions et des problèmes systémiques (champs 3 et 4)« .

Dans le mode d’attention correspondant à l’écoute 1 (téléchargement) nous re-confirmons ce que nous savons en restant dans nos habitudes de pensée. Dans l’écoute 2 (factuelle) nous commençons à remettre en question nos connaissances et sommes à l’écoute de ce qui est nouveau. A partir de l’écoute 3 (empathique), nous redirigeons notre point de vue et voyons et ressentons à partir des yeux de l’autre.

En faisant le choix de l’écoute 4 (générative) « vous réalisez que vous n’êtes plus le même qu’au départ. Vous êtes passé par un changement subtil mais intense qui vous a relié à une source de connaissance plus profonde…«  »C’est ce que j’appelle « l’écoute générative », ou l’écoute à partir du champ émergent de possibilités futures. Ce type d’écoute implique d’accéder non seulement à l’ouverture de notre cœur, mais également à l’ouverture de notre volonté – notre capacité à nous relier à la plus haute perspective future qui puisse émerger » O Sharmer (2007)

Il s’agit de passer à une économie de la co-création fonctionnant en éco-système au service du bien commun.

shema U

Pour passer d’un mode de réponse réactionnel à une réponse générative O. Shalmer propose de réaliser un voyage en forme de U: d’abord observer et écouter pour s’immerger et ressentir le système, ensuite se retirer dans le calme intérieur et réfléchir, « etre attentif à ce qui cherche à émerger » de nos connaissances intérieures, puis « agir dans l’instant » et faire émerger un prototype. En pratique, il est nécessaire d’ajouter une phase préalable de co-construction d’une base commune (projet, enjeux, connaissances) et une phase finale de bilan afin de faire avancer les résultats pratiques dégagés.

Dans le processus U, toutes les parties prenantes sont invitées à participer et des méthodes d’intelligence collective et de gouvernance partagée (comme le processus des boucles d’apprentissage qui peut intégrer l’étape 1) sont utilisées.

La théorie U a donc la particularité de s’appuyer sur l’intelligence du corps par le Presencing, l’art d’intégrer la présence et la perception par les sens, et donner de la place à l’intuition, l’incertitude et l’erreur.

« L’essence du processus en U consiste à renforcer notre présence et notre participation active dans le monde  » et « apprendre et diriger à partir du futur émergent » Otto Sharmer

 

Les principes de la CNV

La Communication NonViolente est un processus de communication pragmatique et efficace. Son intention est de créer une qualité de relation avec soi-même et avec les autres. Cette approche favorise la coopération et la résolution de conflits.

Elle a été mise au point par Marshall B. Rosenberg, docteur en psychologie, notamment dans sont livre «Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs» (2002).

La communication non violente nous amène à développer une meilleure conscience de nos perceptions et à nous relier à nos besoins et nos motivations. Elle permet de « décoder » les messages comportementaux et verbaux de nos interlocuteurs.

Grâce à une ouverture véritable et une communication basée sur l’écoute, la conscience, la compréhension, la présence, le processus CNV nous amène dans des rapports claires, empathiques et authentiques .

Il s’agit dans notre communication de concentrer notre attention sur ce qui est en jeu chez nous et chez les autres et de réfléchir à notre intention.

La Communication NonViolente a pour objectif de « créer une qualité de relation et d’empathie, avec soi et avec les autres, qui permet de satisfaire les besoins fondamentaux de chacun, de manière harmonieuse et pacifique« .

La démarche insiste sur l’observation des faits, l’analyse des sentiments, la détermination des besoins en jeu et la formulation claire et précise de demandes qui permettent d’aller vers des échanges constructifs favorisant ainsi la coopération et la co-création.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*Enseignant-chercheur au MIT: « La théorie U: diriger à partir du futur émergent » (2007)

** Extrait Coudel et Tonneau « How can information contribute to innovative learning processes? » (2010)

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